Certification SERMI : un enjeu stratégique encore trop peu adopté par les ateliers de réparation

6 avril 2026

Temps de lecture : 5 minutes

Depuis son entrée en vigueur en France le 1ᵉʳ novembre 2024, la certification SERMI est devenue un prérequis obligatoire pour accéder aux données de sécurité des constructeurs et réaliser certains diagnostics et réparations.

Plus d’un an après sa mise en application, le dispositif est pleinement actif. Pourtant, le nombre de réparateurs certifiés reste limité. Cette adoption encore insuffisante pose une question simple : les ateliers ont-ils réellement anticipé l’impact du SERMI sur leur capacité à accéder aux données constructeur et à intervenir sur certains véhicules ?

Certification SERMI : une obligation pour accéder aux données constructeur

Le SERMI (Security-Related Repair and Maintenance Information) est un dispositif européen qui encadre l’accès aux informations liées à la sécurité des véhicules.

Il permet aux réparateurs indépendants d’accéder, dans un cadre sécurisé et standardisé, à certaines données constructeur sensibles, notamment :

  • systèmes antivol
  • dispositifs antidémarrage
  • fonctions spécifiques des calculateurs (ECU)
  • etc.

Ce dispositif s’inscrit dans le règlement (UE) 2018/858.

En France, depuis novembre 2024, l’accès à ces informations constructeur est conditionné à l’obtention de la certification SERMI pour les professionnels qui doivent intervenir sur ces éléments dans le cadre de leurs diagnostics et réparations.

Le SERMI n’est donc plus une perspective réglementaire : c’est une obligation en vigueur.

Lire l’article DAF Conseil « Le SERMI, qu’est-ce que c’est ? » https://www.dafconseil.com/diagnostic-automobile/le-sermi-quest-ce-que-cest/

Adoption du SERMI : des chiffres encore loin des objectifs annoncés

Bien que fortement recommandée pour tout atelier souhaitant entretenir et réparer des véhicules récents, depuis le 1ᵉʳ novembre 2024, la certification SERMI peine à s’imposer en France.

En novembre 2025, soit un an après l’entrée en vigueur du dispositif, à peine 1 500 réparateurs étaient certifiés en France. Les organismes certificateurs visent pourtant un objectif de 10 000 ateliers certifiés d’ici 2026, ce qui souligne l’écart entre la réglementation et la réalité du terrain.

Selon une enquête GiPA relayée dans la presse professionnelle, près de 62 % des réparateurs déclarent ne pas savoir précisément ce qu’est le SERMI. Ce niveau de méconnaissance contribue directement au retard observé dans la mise en conformité des ateliers.

Lire l’article d’Auto Zepros « Certification Sermi : retard à l’allumage » https://auto.zepros.fr/reparateurs/certification-sermi-retard-allumage

Face à ce constat, certains organismes certificateurs mettent en avant des dispositifs d’accompagnement pour accélérer la mise en conformité des garages français, comme l’explique SGS ICS dans sa communication dédiée à la certification SERMI.

Diagnostics et réparations : quels risques sans certification SERMI ?

Sans certification SERMI, l’atelier peut se retrouver limité dans l’accès aux données constructeur nécessaires à certains diagnostics et réparations.

L’enjeu est concret : lorsque l’intervention implique des informations liées à la sécurité du véhicule, l’accès aux bases constructeur est conditionné à la certification.

Un atelier non certifié peut donc être confronté à :

  • des restrictions d’accès aux données constructeur nécessaires pour les diagnostics avancés, la programmation de clés ou certaines mises à jour logicielles
  • une impossibilité de commander certaines pièces spécifiques (optique de phares par exemple)
  • un allongement des délais d’intervention
  • une perte de compétitivité face aux ateliers ayant anticipé la réglementation

Dans un environnement où les interventions sur véhicules modernes nécessitent de plus en plus d’accès aux informations constructeur, ces limitations peuvent freiner l’activité quotidienne de l’atelier et compliquer la prise en charge de certains véhicules.

Au-delà des interventions réalisées en interne, elles impactent également les services d’assistance technique et de remote diagnostic, lorsque ceux-ci nécessitent un accès aux informations constructeur.

Remote diagnostic et certification SERMI : un accès aux données constructeur désormais encadré

Le remote diagnostic, comme celui proposé par DAF Conseil, permet à un technicien expert de prendre le contrôle à distance de l’outil de diagnostic d’un atelier afin de réaliser certaines opérations complexes sans déplacer le véhicule jusqu’à une concession.

Ces interventions peuvent concerner :

  • du codage
  • de la calibration ADAS
  • l’accès à des fonctions avancées constructeur non disponibles sur un outil multimarque classique.

Depuis le 1ᵉʳ novembre 2024, l’accès aux données constructeur liées à la sécurité, y compris dans le cadre du remote diagnostic, est soumis aux exigences du SERMI.

Lorsque l’intervention à distance implique un accès à ces informations constructeur sensibles, la certification devient donc nécessaire. DAF Conseil précise qu’à partir de cette date, l’atelier, ainsi que ses salariés concernés, doivent être certifiés SERMI pour réaliser les opérations complexes nécessitant un accès aux données constructeur via le remote diagnostic.

Le lien entre SERMI, diagnostics à distance et accès constructeur est désormais direct.

En savoir plus sur le Remote Diagnostic de DAF Conseil https://www.dafconseil.com/diagnostic-automobile/remote-diagnostic/

Certification SERMI : un enjeu stratégique pour les ateliers de réparation

Pour les ateliers, le SERMI ne se résume pas à une formalité administrative : il devient un levier direct de continuité d’activité. Il conditionne désormais l’accès à certaines données constructeur indispensables pour réaliser des diagnostics et réparations spécifiques.

Sans certification, la capacité de prestation est limitée, et cette limitation est appelée à s’accentuer à mesure du déploiement du certificat SERMI sur les plateformes des constructeurs. À l’inverse, les ateliers certifiés sécurisent leur accès aux informations constructeur, renforcent leur conformité réglementaire et préservent leur performance opérationnelle.

Dans un contexte où le dispositif reste encore trop peu adopté, s’engager dans la certification SERMI constitue moins une contrainte qu’un choix stratégique pour maintenir une offre complète, crédible et compétitive.

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